mardi 24 avril 2012

Deux portraits aux enchères


Vendredi 27 avril 2012 à 14 heures à Drouot, la vente de "Livres, Manuscrits et documents anciens" par Millon & Associés s'ouvre avec au lot n°1 un portrait de Gide par André Dunoyer de Segonzac, plume et lavis à l'encre de Chine peu connue et à l'histoire intéressante :

Lot n° 1
DUNOYEZ DE SEGONZAC
Portrait de André Gide. S. l., s. n., 1946. Plume et lavis encre de chine sur papier. Signée en bas à droite, «A. Gide» de la même main en bas à gauche. Dimensions à vue: 235 x 160 mm. Cadre moderne: 445 x 350 mm. Papier collé au dos du support du dessin. En-tête de la NRF, 5 rue Sebastien- Bottin, avec la mention «Paris 1971. Archives Nouvelle revue Française. Portrait d'André Gide par André Dunoyez de Segonzac (1946) offert pour services rendus (32 lettres inédites D'A. G. 1928-1931) par Monsieur Gaston Gallimard en Janvier 69 à M. David Van Offel collectionneur», puis signature «D. Van Offel».
Estimation : 1 000 / 1 500 €

Ajoutons que Dunoyer de Segonzac a réalisé plusieurs portraits de Gide en 1946. Deux sont plus particulièrement célèbres : le portrait de face réalisé en 1946 à l'eau-forte qui a servi de frontispice aux 80 exemplaires de tête du livre du Thésée aux éditions Ides et Calendes (Neuchâtel et Paris, 1947), et celui de profil intitulé "André Gide lisant", eau-forte tirée à 33 exemplaires dont un exemplaire dédicacé au Musée d'Uzès et qui s'y trouve, un autre dans les collections du MoMa

Expositions publiques : jeudi 26 Avril de 11h à 18h, vendredi 27 avril de 11h à 12h


Toujours à Drouot mais cette fois le vendredi 25 mai 2012 à 13h30, la vente du "Fonds Raphaël Maurice Drouart" par Ader verra passer un autre portrait de Gide par Foujita cette fois :

 
Lot n° 171
Léonard-Tsuguharu Foujita (1886-1968) 
Portrait d'André Gide. Planche pour André Gide par P. Valéry, A. Gide, H. Bernstein, etc. Paris, éditions du Capitole, 1928. Eau-forte et aquatinte. 105 x 152. Buisson 28-123. Très belle épreuve du tirage de tête sur japon, signée à la mine de plomb par Foujita et à la plume et à l'encre par André Gide. Quelques courts plis cassés. Toutes marges.
Estimation : 300 / 400 €

Expositions publiques à l’Hôtel Drouot, salle 4, jeudi 24 mai de 11h à 18h, vendredi 25 mai de 11h à 12h. Exposition à l’Étude ADER vendredi 11 mai de 14h à 18h et du lundi 14 au jeudi 17 mai de 14h à 18h

lundi 16 janvier 2012

Illustration pour "L'abandon du sujet dans les arts plastiques"

Ici classées par ordre d'apparition dans l'article les œuvres évoquées par Gide dans Quelques réflexions sur l'abandon du sujet dans les arts plastiques (Editions Fata Morgana, Fontfroide, 2012). 




Paul Cézanne, Pommes et biscuits, 1879-1882 (Musée de l'Orangerie, Paris)
(Une page sur les pommes de Cézanne)





Jean Siméon Chardin, Le bocal d'olives, 1760 (Musée du Louvre, Paris)


« Il y a au Salon plusieurs petits tableaux de Chardin ; ils représentent presque tous des fruits avec les accessoires d’un repas. C’est la nature même ; les objets sont hors de la toile et d’une vérité à tromper les yeux.
Celui qu’on voit en montant l’escalier mérite surtout l’attention. L’artiste a placé sur une table un vase de vieille porcelaine de la Chine, deux biscuits, un bocal rempli d’olives, une corbeille de fruits, deux verres à moitié pleins de vin, une bigarade avec un pâté.
Pour regarder les tableaux des autres, il semble que j’aie besoin de me faire des yeux ; pour voir ceux de Chardin, je n’ai qu’à garder ceux que la nature m’a donnés et m’en bien servir.
Si je destinais mon enfant à la peinture, voilà le tableau que j’achèterais. « Copie-moi cela, lui dirais-je, copie-moi cela encore. » Mais peut-être la nature n’est-elle pas plus difficile à copier.
C’est que ce vase de porcelaine est de la porcelaine ; c’est que ces olives sont réellement séparées de l’œil par l’eau dans laquelle elles nagent ; c’est qu’il n’y a qu’à prendre ces biscuits et les manger, cette bigarade l’ouvrir et la presser, ce verre de vin et le boire, ces fruits et les peler, ce pâté et y mettre le couteau.
C’est celui-ci qui entend l’harmonie des couleurs et des reflets. O Chardin ! Ce n’est pas du blanc, du rouge, du noir que tu broies sur ta palette : c’est la substance même des objets, c’est l’air et la lumière que tu prends à la pointe de ton pinceau et que tu attaches sur la toile. »

Diderot, Le Bocal d'Olives et La Raie dépouillée, Chardin, Salon de 1763, p. 219





Claude Monet, Nymphéas, vers 1904 (Musée Marmottan, Paris)






Claude Monet, Meule, soleil dans la brume,1890-1891
(The Minneapolis Institute of Arts, Minneapolis)



« On comprend bien, si l’on prend en considération entre 1890 et 1891 la série de vingt-cinq toiles représentant les Meules, qu’il est dès lors impossible de proposer l’organisation de cette série comme déterminée par le seul motif, que dans une semblable organisation le motif, qui reste le même pour un grand nombre de toiles, est débordé par le thème, thème lui-même réduit dans sa répétition à n’être plus qu’un prétexte et à s’annuler en tant que tel. La multiplication d’un même motif et d’un même thème tend évidemment à faire disparaître motif et thème en tant que tels et à mettre l’accent sur tout autre chose. »

Marcelin Pleynet, Claude Monet et le naturalisme
in Les modernes et la tradition, Gallimard, 1990





Rembrandt, Les disciples d'Emmaüs, vers 1629 
(Musée du Louvre, Paris)


« […] Une merveille un peu trop perdue dans un coin du Louvre et qui peut compter parmi les chefs-d’œuvre du maître. Il suffirait de ce petit tableau de pauvre apparence, de mise en scène nulle, de couleur terne, de facture discrète et presque gauche, pour établir à tout jamais la grandeur d’un homme. Sans parler du disciple qui comprend et joint les mains, de celui qui s’étonne, pose sa serviette sur la table, regarde droit à la tête du Christ et dit nettement ce qu’en langage ordinaire on pourrait traduire par une exclamation d’homme stupéfait, sans parler du jeune valet aux yeux noirs qui apporte un plat et ne voit qu’une chose, un homme qui allait manger, ne mange pas et se signe avec componction - on pourrait de cette œuvre unique ne conserver que le Christ, et ce serait assez. Quel est le peintre qui n’a pas fait un Christ à Rome, à Florence, à Sienne, à Milan, à Venise, à Bâle, à Bruges, à Anvers ? Depuis Léonard, Raphaël et Titien jusqu’à Van Eyck, Holbein, Rubens et Van Dyck, comment ne l’a-t-on pas déifié, humanisé, transfiguré, montré dans son histoire, dans sa passion, dans la mort ? Comment n’a-t-on pas raconté les aventures de sa vie terrestre, conçu les gloires de son apothéose ? L’a-t-on jamais imaginé ainsi : pâle, amaigri, assis de face, rompant le pain comme il avait fait le soir de la Cène, dans sa robe de pèlerin, avec ses lèvres noirâtres où le supplice a laissé des traces, ses grands yeux bruns, doux, largement dilatés et levés vers le ciel, avec son nimbe froid, une sorte de phosphorescence autour de lui qui le met dans une gloire indécise, et ce je ne sais quoi d’un vivant qui respire et qui certainement a passé par la mort ? L’attitude de ce revenant divin, ce geste impossible à décrire, à coup sûr impossible à copier, l’intense ardeur de ce visage, dont le type est exprimé sans traits et dont la physionomie tient au mouvement des lèvres et au regard, - ces choses inspirées on ne sait d’où et produites on ne sait comment, tout cela est sans prix. Aucun art ne les rappelle ; personne avant Rembrandt, personne après lui ne les a dites. »

G.W.F. Hegel, Les disciples d’Emmaüs, de Rembrandt (1648),
in La peinture (Esthétique)





Rembrandt, Isaac bénissant Jacob, v. 1660, dessin 
(Coll. privée, New-York)






Rembrandt, La Leçon d’anatomie du professeur Tulp 
(Mauritshuis, La Haye)






Rembrandt, La Compagnie de Frans Banning Cocq et Willem van Ruytenburch, 
dite la Ronde de nuit, 1642 (Nouveau Rijksmuseum, Amsterdam)







Michel-Ange, Esclave mourant, 1515 (Louvre, Paris)






Michel-Ange, Moïse, vers1513–1515 
(Tombeau de Jules II, Saint-Pierre de Rome)






Apoxyomène, marbre d'après Lysippe, 
(Musée Pio-Clementino, Vatican)





Discobole Lancellotti, copie romaine, vers 120 ap. J.-C., 
(Palais Massimo alle Terme)





Diadumène, marbre v. 69-96 après J.-C. 
d'après Polyclète d’Argos (430 av. JC.) 
(Metropolitan Museum of Art, New-York)





Apollon sauroctone, attribué à Praxitèle 
(Musée du Louvre Paris)





Faune endormi, dit Faune Barberini 
(Glyptothèque, Munich)




Pierre Bruegel l'Ancien, La Chute d'Icare, c. 1560 pour l'original perdu 
(Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles)




Pierre Bruegel l'Ancien, Le portement de croix, 1564 
(Kunsthistorishes Museum, Vienne)






Pierre Bruegel l'Ancien, Le Repas de noces, 1568 
(Kunsthistorisches Museum, Vienne)






Pierre Bruegel l'Ancien, La conversion de Saint Paul, 1567, 
(Kunsthistorisches Museum, Vienne)






Nicolas Poussin, Eliézer et Rébecca, 1648 
(Musée du Louvre, Paris)





Nicolas Poussin, Paysage avec Polyphème, 1648 
(Hermitage, Saint-Pétersbourg)





Nicolas Poussin, Paysage avec Hercule et Cacus, vers 1659-1661 
(Musée Pouchkine, Moscou)





Nicolas Poussin, Paysage avec Diogène ou Diogène jetant son écuelle, 1648 
(Musée du Louvre, Paris)





Nicolas Poussin, Les Bergers d'Arcadie (Et in Arcadia ego), 1638-1639 
(Musée du Louvre, Paris)





Nicolas Poussin, Renaud et Armide, ver 1624-1625 (ou 1630 ?) 
(Dulwich Picture Gallery, Londres)





Nicolas Poussin, Jupiter allaité par la chèvre Amalthée ou La Nourriture de Jupiter, 1640
(Gemäldegalerie, Berlin)





Nicolas Poussin, Midas devant Bacchus, 1628-1629 
(Alte Pinakothek, Munich)




Nicolas Poussin, Tancrède et Herminie, 1631 
(Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg)






Nicolas Poussin, L'Inspiration du poète (autrefois appelé L'Inspiration d'Anacréon), 
vers 1627 (Niedersächsisches Landesmuseum, Hanovre)






Maurice Denis, Madone au jardin fleuri, 1907 (Coll.privée)





Maurice Denis, L'Annonciation, 1913 (Musée des Beaux-Arts, Tourcoing)





Maurice Denis, Décor de la chapelle du Sacré-Cœur 
(Eglise Sainte-Marguerite, Le Vésinet)






Pablo Picasso, Guernica, 1937 (Musée Reina Sofía, Madrid)






Jean Siméon Chardin, Panier de fraises des bois, v. 1760 (Coll. privée)






Jean Siméon Chardin, Le bénédicité, 1740 (Musée du Louvre, Paris)






Gustave Courbet, La rencontre ou Bonjour Monsieur Courbet, 1854 
(Musée Fabre, Montpellier)

lundi 6 juin 2011

Hatem El Mekki


Dessin de Hatem El Mekki (né le 16 mai 1918 à Jakarta et mort le 23 septembre 2003 à Carthage), paru dans Combat du 20 avril 1950, en illustration de l'article "Les derniers carnets d'André Gide" de Maurice Nadeau.

mardi 26 avril 2011

Cimetière de Cuverville

C'est dans le carré protestant du petit cimetière
de l'église de Cuverville-en-Caux que sont enterrés
Madeleine et André Gide





A l'entrée du cimetière, une plaque rappelle
brièvement la vie et l’œuvre de Gide et
indique l'emplacement de la sépulture.





C'est tout fond du cimetière qu'on trouve les tombes Gide,
aux côtés de celles des Rondeaux-Drouin.





"Ici repose
Madeleine André Gide
née Rondeaux le 7 février 1867
rappelée à Dieu le jour de Pâques 1938"






"André Gide
1869-1951"



Pour aller plus loin :

Les funérailles d'André Gide dans Paris-Normandie

mercredi 7 juillet 2010

Collection Roger Viollet


La collection de l'agence de photographie Roger-Viollet
est riche d'une cinquantaine de clichés, célèbres ou plus rares,
concernant André Gide : portraits, reportages du Congrès de 1935,
répétitions et représentations théâtrales... A visiter en cliquant ici.

lundi 5 juillet 2010

A la Villa Noailles

En janvier 1930, Gide retrouve Marc Allégret chez Marie-Laure et Charles de Noailles dans leur villa d'Hyères. Sont également présents Jean Cocteau et Georges Auric.

Max Ernst vient de publier La femme 100 têtes dont les Noailles ont achetés la quasi totalité des collages originaux.

Marc Allégret immortalise la découverte du livre sur la terrasse de la Villa.
Ces photographies font partie des archives Marc Allégret de la Médiathèque de l'architecture et du patrimoine du ministère de la culture. Mais comme souvent les légendes sont erronées (ou imprécises comme "André Gide assis lisant un livre à un homme allongé" où l'homme allongé est tout de même Martin du Gard...)
Ainsi sur les légendes officielles de ces clichés Charles de Noailles est pris pour Max Ernst et Cocteau n'est pas mentionné chaque fois.


Jean Cocteau, André Gide, Marie-Laure de Noailles et Georges Auric
feuilletant La femme 100 têtes de Max Ernst à la Villa Noailles, Hyères, Var.
Photographie de Marc Allégret, janvier 1930, diffusion RMN


Jean Cocteau, André Gide, Charles et Marie-Laure de Noailles et Georges Auric
feuilletant La femme 100 têtes de Max Ernst à la Villa Noailles, Hyères, Var.
Photographie de Marc Allégret, janvier 1930, diffusion RMN


Jean Cocteau, André Gide, Marie-Laure de Noailles et Georges Auric
feuilletant La femme 100 têtes de Max Ernst à la Villa Noailles, Hyères, Var.
Photographie de Marc Allégret, janvier 1930, diffusion RMN


Lien vers e-gide sur la Villa Noailles et le passage du Journal de Gide sur son séjour.

lundi 28 juin 2010

Select-Collection

Si le grain ne meurt
Select-Collection n°267, Flammarion, 1927
80 pages, in-8° 17x24 (texte non intégral)
Titre intérieur : "Si le grain ne meurt... souvenirs d'enfance et de jeunesse"


L'immoraliste
Select-Collection n°269, Flammarion, 1927
64 pages, in-8° 17x24


Si le grain ne meurt
Select-Collection n°267, Flammarion, 1935
[mêmes format et commentaire que ci-dessus]


L'immoraliste
Select-Collection n°269, Flammarion, 1935
[même format que ci-dessus]